Histoire de Paris

 

 

Haut Moyen Age

Les Capétiens

Les Bourbons

Le XIXème siècle

Le XXème siècle

 

L’histoire de Paris est inséparable de celle du pays dont elle est capitale : ce qui se passe dans la ville est, selon les époques, le reflet ou l’annonciateur de ce qui se passe dans le pays ; l’histoire de Paris, en grande partie, se confond avec celle de la France. L’originalité de la ville, par rapport au pays, est que, d’âge en âge, on la trouve en conflit – larvé, ouvert, violent selon les époques – avec le pouvoir central : au fil des siècles, souverains et chefs d’Etat ont autant eu besoin de cette vitrine prestigieuse de leur pouvoir et des richesses qu’elle concentre, qu’il se sont méfiés de sa propension à l’insubordination…

 

Antiquité

C’est probablement vers le iiie siècle avant J.-C. qu’une tribu celte, les Parisii, s’installe sur l’actuelle île de la Cité ; cette implantation donne naissance à une bourgade fortifiée, de la taille d’un village, successivement désignée Lucotetia puis Lutetia : Lutèce est née. Une occupation plus ancienne des îles de la Seine (on en a compté jusqu’à une dizaine, disparues à la faveur des dragages du xixe siècle, entrepris pour faciliter la navigation) est vraisemblable, mais aucun vestige ne permet de l’attester avec certitude.

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Lutèce

 

Au cours de la guerre des Gaules, en 52 avant J.-C., un lieutenant de Jules César, Labienus, s’empare de la ville et la reconstruit : aux principes gaulois viennent se mêler les influences romaines. Au siècle suivant, ier siècle apr. J.-C., la ville gallo-romaine sort de l’île et s’agrandit, en particulier sur la rive gauche de la Seine. On y édifie notamment des thermes (visibles, aujourd’hui, au coin des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain) et des arènes (dont les vestiges servent de jardin public rue Monge, dans le Ve arrondissement).

Au milieu du iiie siècle, Paris se christianise et, à l’image du reste de la France et de l’Europe, se remplit d’églises. C’est de cette époque que date le martyre du premier évêque de la ville, saint Denis.

Au ive siècle, en 360, Julien l’Apostat, préfet des Gaules, est proclamé empereur. Cette date est capitale pour l’histoire de la cité : Lutèce devient Paris.

 

Haut Moyen Age

A la chute de l’Empire romain, menacée par les invasions barbares, Paris connaît le sort instable des provinces du continent. Si certains des envahisseurs épargnent la ville (c’est le cas des Huns d’Attila, en 451, détournés de Paris par sainte Geneviève ; cette héroïne est devenue patronne de Paris ; la châsse qui enferme sa dépouille est déposée à l’église Saint-Etienne-du-Mont), d’autres, au contraire, s’en emparent : c’est le cas, en 508, des Francs, accourus de l’est de l’Europe sous la conduite de Clovis, qui y établissent leur capitale et la résidence de leur chef. Pendant trois siècles, jusqu’au départ de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, qui va affaiblir le rôle et le prestige de la ville, Paris va remplir ces fonctions.

En 885, pour la cinquième fois, les Normands, qui remontent la Seine, mettent le siège de la ville : Paris, qui jusque-là avait subi ces invasions, est, cette fois-ci, efficacement défendu par le comte Eudes qui, peu après cet exploit, est élu « roi des Francs ».

 

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Clovis, roi des Francs

Un siècle plus tard, en 987, apparaît avec Hugues Capet une réalité politique nouvelle : la France. Paris en devient la capitale.

Les Capétiens : des rois qui ont fait la France et Paris

Cette fonction politique, associée au développement du commerce, vaut à la ville de connaître, aux xie et xiie siècles, un essor significatif. Plusieurs signes témoignent de ces changements. Les métiers sont organisés en corporations puissantes, fort actives pour le renouveau du commerce (rôle important joué par la « Guilde des marchands de l’eau » ; c’est elle, pendant des décennies, qui va être chargée de l’administration communale). A partir de 1163, est édifiée une somptueuse cathédrale ; ce sera Notre-Dame de Paris, emblème de la ville au Moyen Age. De 1180 à 1210, Philippe Auguste crée une puissante muraille – dont plusieurs vestiges sont visibles de nos jours – autour de la ville. Ce système de défense est renforcé, en amont, par un barrage de chaînes sur la Seine et, en aval, par deux fortifications : la tour de Nesles, sur la rive gauche, et, sur la rive droite, le donjon du Louvre (qui devrait son nom à un lieu où étaient chassés les loups…), premier élément du splendide palais qui, pendant huit siècles, sera constamment agrandi et embelli.

 

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Notre Dame de Paris

 

Cet essor est couronné, au xiiie siècle, par plusieurs réalisations exemplaires. Ainsi, en 1220, l’Université de Paris est fondée et s’installe à la Sorbonne (où, en partie, elle se trouve toujours, mais dans des locaux profondément remaniés par Richelieu, d’une part, par Napoléon de l’autre ; à son rôle politique, la ville ajoute ainsi une dimension intellectuelle et culturelle). De 1226 à 1270, sous l’impulsion et le patronage de Louis IX (futur saint Louis), construction de la basilique Saint-Denis, de la Sainte-Chapelle (aujourd’hui englobée dans l’inélégant et pompeux palais de Justice) et achèvement de Notre-Dame. De 1300 à 1315, sous l’impulsion de Philippe le Bel, est construite la Conciergerie dont la salle des Gens d’Armes, avec 1800 m2, est une des plus vastes de France. Cette époque constitue un des sommets – injustement méconnus – de la vie de la capitale.

Le siècle suivant, troublé sur le plan international, se caractérise, pour Paris, par de nombreux désordres. En 1358, par exemple, Etienne Marcel, prévôt des Marchands (à ce titre, il cumule l’administration de la cité et des fonctions judiciaires), qui a, aujourd’hui, sa statue devant la façade sud de l’Hôtel de ville, se soulève contre le pouvoir royal : la capitale de la France, par cette révolte, s’ouvre au roi de Navarre et aux Anglais. Cette première intrusion est, cependant, de courte durée : Charles V, roi de France, reprend les choses en mains et protège la ville par une nouvelle enceinte (elle est en particulier renforcée, à l’est, par une forteresse qui deviendra célèbre : la Bastille). D’autre part il crée et aménage de nouveaux axes de communication qui permettent à Paris de se développer sur la rive droite. C’est de cette époque que date la première horloge publique de Paris, celle qui orne encore – et qui, ponctuellement, sonne toujours les heures, tristes ou gaies, de la capitale – une tour, précisément celle de l’Horloge, de la Conciergerie. La ville, à la fin du xive siècle, compte déjà 150 000 habitants. A la suite d’une autre révolte contre le pouvoir, en 1382, la ville perd ses anciennes franchises et le prévôt des Marchands, chef de l’administration municipale, devient un simple officier du Roi.

 

Paris, ville anglaise

La révolte des Parisiens contre le pouvoir royal coïncide avec le long conflit que la France entretient avec l’Angleterre (guerre de Cent ans) et avec les divisions franco-françaises qui l’accompagnent (lutte des Armagnacs et des Bourguignons). Ces désordres aboutissent à ce que, en 1408, Paris soit livrée aux Anglais. En 1429, pour réagir contre cette humiliation, Charles VII, roi de France, tente de reprendre sa capitale. Au cours de cette opération, Jeanne d’Arc, inspiratrice et précieux soutien du monarque, est blessée à la porte Saint-Honoré (une plaque, près de l’actuelle porte de la Chapelle, rappelle cet événement). Cette tentative est vaine et les Anglais, à Notre-Dame, peuvent sacrer « leur » roi de France, Henri VI, qui « régnera » jusqu’à 1437, date à laquelle Charles VII, enfin victorieux, peut reprendre sa place dans la capitale de son pays.

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Jeanne d’Arc

 

Bouillonnante et prestigieuse Renaissance

Le xvie siècle confirme le double rôle de Paris, capitale politique et centre intellectuel : c’est sous le règne de François 1er, vers 1530, que débute la construction de l’Hôtel de ville (l’actuel siège de la mairie de Paris n’est qu’une réplique, de la fin du xixe siècle, de ce monument, chef-d’œuvre de la Renaissance) et c’est à cette époque qu’est fondé le Collège de France (qui continue d’exister). Le Louvre, à ce moment, cesse, pour ainsi dire, d’être une forteresse pour devenir un palais.

 

Etroitement associée – et même inséparable d’elle – à l’histoire de la France, Paris en subit les épreuves et les heures tragiques. C’est le cas, à la fin du xvie siècle, quand le pays est endeuillé par les guerres de religion. Paris est catholique et adhère à la Ligue : c’est là, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, que les cloches de Saint-Germain-l’Auxerrois donnent le signal du début du massacre de la Saint-Barthélémy. Au fil des dramatiques péripéties de ces sanglants conflits, la capitale impose sa volonté aux rois qui ne tardent pas à comprendre qu’il n’ont aucune chance de régner tant qu’ils ne se rendent pas maîtres de la ville. Henri IV entend la leçon : il se convertit au catholicisme (« Paris vaut bien une messe… » assure-t-il) et entre dans Paris le 22 mars 1594.

 

Les Bourbons

Avec les Bourbons, au début du xviie siècle, la ville continue de s’étendre et de se transformer. C’est pour faire face à ces développements que Charles IX, d’abord, et Louis XIII, ensuite, agrandissent, vers l’ouest, l’enceinte du Moyen Age qui englobe désormais le palais des Tuileries. La capitale s’enrichit de nombreux bâtiments nouveaux qui lui donnent, en partie, l’allure que nous lui connaissons ; c’est dans la première moitié du xviie siècle que sont ainsi créés la place des Vosges, l’hôpital Saint-Louis (selon la volonté de Henri IV), celui de la Salpétrière (surmonté d’un des plus anciens dômes de la capitale), le palais de Luxembourg (par Marie de Médicis), le Palais Royal (alors palais Cardinal, par Richelieu)… C’est à cette époque qu’est lotie et aménagée l’île Saint-Louis. Dans le même temps, le palais du Louvre, prestigieux symbole du pouvoir royal, est agrandi tandis que, dans le souci constant d’unifier la France et de faire de Paris un haut lieu de l’intelligence, des arts et de l’esprit, Richelieu, en 1635, fonde l’Académie française.

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Henri IV

Louis XIV, aussi bien pour se méfier d’un possible renouveau de la Fronde que pour prévenir les inconvénients d’un nouvel affrontement avec la municipalité parisienne, prend, en 1653, une décision originale : il déménage la cour royale de Paris à Versailles. Le « roi-soleil », pour autant, ne néglige pas la ville : il s’occupe aussi bien d’assujettir son administration au pouvoir royal que d’embellir son apparence. Sous le règne de Louis XIV, Paris connaît des réalisations nombreuses : l’aménagement du Marais se termine, celui du faubourg Saint-Germain commence, sont créés l’Observatoire de Paris et la Manufacture des Gobelins, sont construits l’Hôtel des Invalides et l’hôpital du Val-de-Grâce, sont aménagées quelques-unes des plus remarquables places du Paris contemporain (place Vendôme, par Jules Hardouin-Mansart, place des Victoires, par François Mansart, oncle du précédent, place du Carrousel, etc.)… Louis XIV est, en somme, aussi généreux avec la ville qu’il est strict avec la cité qu’il redoute…

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Louis XIV

Louis XV, tout en maintenant la cour à Versailles, poursuit l’œuvre d’embellissement de Paris commencée par ses aïeux. C’est de la deuxième moitié du xviiie siècle que datent ainsi la construction de l’Ecole Militaire (chef-d’œuvre architectural par Jacques-Ange Gabriel), l’église Sainte-Geneviève (l’actuel Panthéon, par Soufflot), l’imposante église Saint-Sulpice, toujours inachevée malgré cent trente-quatre ans de travaux (de 1646 à 1780 !), ou l’aménagement de l’immense place de la Concorde (l’obélisque qui l’orne, cadeau de l’Egypte à la France, a été ajoutée au siècle suivant)…

C’est de cette époque, sous le règne de Louis XVI, qu’un nouveau mur d’enceinte est créé : il entoure Paris de cinquante-sept « barrières » qui sont autant d’octrois où les marchandises auront des taxes à acquitter. Cette nouvelle rigueur fiscale mécontente, sur le moment, les Parisiens mais laisse à leurs successeurs quelques élégants bâtiments supplémentaires : les rotondes de la Villette ou du parc Monceau, œuvres de Ledoux, étaient ainsi, en quelque sorte, des postes de douane…

Une Révolution très parisienne

La plupart des événements significatifs de la Révolution française ont Paris pour cadre : c’est là, le 14 juillet 1789, qu’est prise de la Bastille (la prison, emblème de l’arbitraire du pouvoir royal, n’abritait, ce jour-là, que sept prisonniers…), début symbolique du vaste bouleversement de ces années ; c’est là, le 10 août 1792, que sont prises les Tuileries, fait qui marque la chute de la royauté ; c’est là, le 21 septembre de la même année, qu’est proclamée la République. C’est toujours à Paris, le 21 janvier 1793, qu’est assassiné Louis XVI et c’est notamment là, en 1793 et 1794, sous le règne de la Terreur, que le « rasoir national », comme on a pu appeler la guillotine, marche à plein régime… Les administrateurs de la Commune, toujours craints du pouvoir central, quel qu’il fût, en sont également victimes. La Révolution se caractérise, à Paris, par de nombreuses destructions, en particulier d’églises : en 1793, par exemple, sont abattues les statues qui ornent le porche de Notre-Dame. Celles que l’on peut voir aujourd’hui sont dues aux restaurations de Viollet-Leduc, et les têtes de celles qui ornaient la galerie des Rois, miraculeusement retrouvées en 1977 sur un chantier de la chaussée d’Antin, sont désormais déposées au musée des Thermes de Cluny.

 

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La liberté guidant le peuple, par Eugène Delacroix

Napoléon 1er, sacré empereur le 2 décembre 1804 à Notre-Dame, poursuit l’œuvre d’embellissement de la capitale de ses prédécesseurs. C’est sous le Premier Empire que Paris s’enrichit des arcs de Triomphe du Carrousel et de l’Etoile, de la colonne de bronze de la place Vendôme, de l’église de la Madeleine, de la colonnade du palais Bourbon, du palais Brongniart, siège de la bourse… Le Louvre, imperturbablement, continue de s’agrandir tandis que le gaz commence à être utilisé pour éclairer les rues. La ville, au recensement de 1801, compte environ 550 000 habitants.

Le xixe siècle

A la chute de l’Empire, en 1814, Paris, comme elle ne l’avait plus été depuis quatre siècles, est occupée par les Alliés, coalisés contre la France. De la présence des soldats russes, on raconte que la ville conserve un mot : le bistrot. C’était par cette apostrophe (bistro ! bistro !), qui voulait dire « vite ! », que les cosaques appelaient les serveurs des établissements où ils s’arrêtaient…

La restauration de la monarchie (à Louis XVIII succède Charles X) se termine par trois journées d’une révolution parisienne, les « Trois Glorieuses », 27, 28 et 29 juillet 1830, par lesquelles les barricades renversent Charles X et portent au pouvoir Louis-Philippe. Sous l’emblème du drapeau tricolore, ce souverain ne portera plus le titre de roi de France, mais celui de roi des Français… Le règne de Louis-Philippe, qui coïncide avec la révolution industrielle, se caractérise par une augmentation considérable de la population de la capitale (ce sont les quartiers ouvriers qui, en réaction au triomphe de la bourgeoisie, animeront la révolution de 1848 qui mettra un terme à la « monarchie de juillet »), par la création, motivée par le souvenir de 1814, de ce qu’on appellera familièrement les « fortifs », fortifications, forts et bastions qui protègent la capitale et, en 1837, par la mise en service de la première ligne de chemin de fer, qui relie la capitale à Saint-Germain. En 1840, le retour des cendres de Napoléon donne lieu à une somptueuse cérémonie et la création, par l’architecte Visconti, de l’impressionnant tombeau de marbre où l’Empereur est inhumé aux Invalides.

 

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Louis Philippe

Le Second Empire qui succède à la Deuxième République se caractérise à Paris par de considérables travaux d’urbanisme, entrepris sous la direction du baron Haussmann, préfet de Paris. C’est à cette époque, en pleine prospérité industrielle et financière, que sont construits ou aménagés les gares, les Halles, l’opéra Garnier, le parc des Buttes-Chaumont, les bois de Vincennes et de Boulogne, que sont percés les Grands Boulevards, qu’est aménagée la plaine Monceau, etc. L’architecture métallique triomphe (église Saint-Eugène, coupole des galeries Lafayette, passages, etc.). Ces importants travaux, reflets de la philosophie de leur temps, ont pour conséquence d’opérer, au sein de la population, une regrettable ségrégation que les siècles passés, intelligemment, avaient su éviter : c’est du xixe siècle que date la naissance de ce qu’on appellera les « beaux quartiers », tandis que les « classes laborieuses », au fil des ans, sont rejetées aux périphéries. Confronté aux mêmes difficultés que les régimes précédents (l’opposition du pouvoir municipal au pouvoir central), le Second Empire va rogner encore les attributions de la mairie de Paris : c’est de ce temps que date la division de la ville en vingt arrondissements tandis que l’essentiel des pouvoirs municipaux est confié aux deux préfets (un pour l’administration générale, un pour la police, qui existe toujours) nommés par le gouvernement. A la fin de l’Empire, la ville compte 1850 000 habitants.

En 1870, après le désastre de Sedan, qui voit s’écrouler l’Empire, est proclamée, le 4 septembre, la Troisième République. Face à l’invasion prussienne, le gouvernement se replie à Versailles et Paris, fidèle à sa tradition d’insubordination et de révolte, proclame, en mars 1871, un régime insurrectionnel, celui de la « Commune de Paris ». La sanglante répression qui, en mai, clôt cet épisode se traduit, en plus de l’exécution et de la déportation des meneurs ouvriers, par de nombreuses destructions de bâtiments : palais des Tuileries, Hôtel de ville, Cour des Comptes… A l’exception des Tuileries, trop évidemment liées au souvenir des monarchies disparues, tous seront reconstruits à l’identique.

Les grands travaux d’urbanisme, commencés sous le Second Empire, continuent sous la Troisième République (achèvement de l’avenue du Bois, aujourd’hui Foch, de l’avenue de l’Opéra). Le gouvernement, revenu à Paris, prend possession de la ville : le Sénat s’installe au palais du Luxembourg, la Chambre des députés au palais Bourbon. Le nouvel Hôtel de ville est inauguré en 1882.

De 1876 à 1914, la très laide basilique du Sacré-Cœur est édifiée au sommet de la butte Montmartre. Les expositions universelles de 1889 et 1900 sont l’occasion, pour la ville, de compléter son patrimoine : la tour Eiffel, le Petit et le Grand Palais vont faire partie, désormais, du paysage parisien. Il en va de même du pont Alexandre III, construit à la même époque, en hommage au tsar dont les libéralités avaient permis l’édification, rue Daru, de l’impressionnante cathédrale Saint-Alexandre-Newski.

Dans l’insouciante euphorie de ce qu’on a appelé la « Belle Epoque » (qui ne fut belle, en réalité, que pour la bourgeoisie triomphante et fut, pour la classe ouvrière, particulièrement pénible), la ville se couvre de lieux de plaisir : cabarets, cafés-concerts (on en a recensé plus de mille au tournant du siècle !), théâtres, etc.

C’est encore de la fin du xixe siècle que datent, pour l’essentiel, la plupart des sièges des grands établissements bancaires, toujours visibles sur les Grands Boulevards, aux abords de la Bourse.

C’est en juillet 1900 qu’est inaugurée la première ligne du réseau métropolitain, conçue et réalisée par l’ingénieur Fulgence Bienvenüe, dont le nom, comme il se doit, est porté, accolé à celui de Montparnasse, par une station de métro… La décoration des stations fera un emploi massif – et souvent heureux – du métal (style « nouille » des ornements dessinés par Hector Guimard).

Au début du xxe siècle, un nouveau matériau fait son apparition dans le paysage parisien : le béton. C’est en particulier lui qu’utilisent, en 1912, les frères Perret pour la construction du théâtre des Champs-Elysées.

Le xxe siècle

Pendant la première guerre mondiale (1914-1918), le gouvernement doit quitter la capitale pour Bordeaux. Sauvée par la bataille de la Marne (à laquelle les chauffeurs de taxi parisiens apportent un concours décisif), la ville, cependant, à quelques légers bombardements près, ne souffre pas trop des hostilités.

Les années d’après-guerre ont été appelées les « Années folles » : elles se caractérisent, à Paris, par la volonté de se griser en découvrant de nouvelles musiques et des danses inconnues. C’est le triomphe du jazz, de la garçonne aux cheveux courts et de toute une série d’innovations dans la vie intellectuelle, artistique et sociale.

 

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Le Paris des « années folles »

Beaucoup de Russes, qui ont fui la Révolution bolchevique, viennent s’installer à Paris : dans leurs taxis, dans leurs restaurants ou dans leurs lieux de culte, ils ont à cœur de faire revivre l’âme de la sainte Russie… L’Amérique, dans le même temps, commence d’exercer sa fascination : dans les bagages des soldats américains débarqués en 1917 autant que dans les accords des musiques importées d’outre-Atlantique, la société de consommation fait son apparition. La ville, à cette époque, connaît son maximum de population : 3 millions d’habitants.

Tandis que personne ne pense encore à la grande crise – celle des années 1930 – qui soldera cette période insouciante, un soldat inconnu, en 1920, est inhumé sous l’arc de triomphe de l’Etoile. Depuis cette date, chaque jour, la flamme qui le veille est pieusement entretenue.

Les années 1930 sont marquées par de grandes manifestations populaires : celles, antiparlementaires, de février 1934, qui se terminent dans le sang, et celles de 1936, qui accompagnent la naissance du Front populaire.

 

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Manifestations du 6 Février 1934

Après la débâcle de juin 1940, Paris, occupée par les armées allemandes, perd, avec l’installation du gouvernement à Vichy, son statut de capitale politique. Ces années sombres (bombardements, rafles, prises et exécutions d’otages, restrictions alimentaires, régime policier, etc.) prennent fin le 25 août 1944, avec l’insurrection des Forces Françaises de l’Intérieur et l’arrivée des troupes du général Leclerc (2e Division Blindée) qui conduisent à la capitulation des armées d’occupation et à la Libération de Paris. Le lendemain de ce jour glorieux, le général de Gaulle peut triomphalement descendre les Champs-Elysées : « Paris martyrisé, mais Paris libéré », pour reprendre les propos du chef de la France Libre. Paris, une nouvelle fois, est simultanément témoin et acteur de l’histoire du pays dont elle est capitale.

A l’inverse du régime précédent (la IVe République commence en octobre 1946 et prend fin en 1958), qui a eu à faire face à l’urgence de la reconstruction du pays (Paris n’a pas eu, elle-même, à déplorer de considérables dégâts à cause de la guerre), la Ve République va transformer la capitale de façon non négligeable.

 

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Libération de Paris

A la fin du xxe siècle, vont ainsi voir le jour : le siège de l’Unesco, la maison de la radio (aujourd’hui de Radio-France), le CNIT et le quartier de la Défense, le boulevard périphérique, la tour Montparnasse, le quartier du Front de Seine, l’opéra Bastille, le ministère des Finances à Bercy, la Cité des sciences et des techniques et le parc de la Villette, l’arche de la Défense, la Bibliothèque nationale de France, etc. Pendant ce temps, un musée est aménagé dans l’ancienne gare d’Orsay et le palais du Louvre, qui en partie abritait des bureaux, est entièrement transformé en musée (opération « Grand Louvre » avec, en particulier, création de la belle pyramide due à l’architecte chinois Pei).

La ville s’équipe également dans les domaines sportifs (réaménagement du Parc des Princes, création du Stade de France et du palais omnisports de Bercy, etc.) et culturel (création du centre Georges Pompidou, de l’Institut du Monde arabe, du Zénith, de la cité de la Musique, etc.).

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L’Arche de la Défense

Dans le même temps, indépendamment de ces aspects monumentaux, la ville se modernise et s’étend : aménagement de nombreux quartiers (dont le célèbre « front de Seine », juxtapositions de tours et d’immeubles contemporains), création du réseau express régional (RER), intermédiaire entre le train et le métro, dont l’appellation donne une idée de l’extension de la cité, installation, à Roissy, au nord de la capitale, d’un troisième aéroport international, création, le long du fleuve, de rapides « voies sur berge », etc.

Les Parisiens, pour leur part, peuvent profiter d’une quantité de petits aménagements paysagers qui rendent la vie plus agréable : création de jardins (parcs Georges Brassens, André Citroën ou des anciennes halles de Bercy), de promenades (« coulée verte » qui relie la place de la Bastille au bois de Vincennes par l’ancien tracé d’une voie de chemin de fer), aménagement de quartiers piétonniers (autour de la rue de la Huchette, autour des Halles, etc.).

Paris, à la fin du xxe siècle, n’a rien perdu de ses fonctions traditionnelles : la ville est ainsi, par exemple, le siège des « événements de mai 68 », confuse révolte-révolution qui, à partir d’un mouvement étudiant, paralyse la France pendant quelques semaines, elle est le lieu de grandes manifestations nationales (commémoration du bicentenaire de la Révolution française) ou internationales (coupe du monde de football en 1998).

Après des siècles de méfiance du pouvoir central, les Parisiens – qui sont 2 126 000, tandis que l’agglomération elle-même compte près de 10 millions d’âmes – peuvent enfin, depuis 1977, comme les autres Français, élire leur maire au suffrage universel : Jacques Chirac, Jean Tiberi et Bertrand Delanoë se succéderont à ce poste prestigieux.

 

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